Prise d’un doute, la Commission européenne annonce à l’instant son intention de saisir la Cour Européenne de Justice pour vérifier si l’accord international sur la contrefaçon ACTA viole des droits fondamentaux (voir notre post du 27 janvier). Elle anticipe probablement une réaction négative du Parlement européen et des trente membres de sa commission du commerce international.
Depuis le Traité de Lisbonne, tout accord international signé par l’Union doit en effet être ratifié par le Parlement européen. La commission compétente est fournie en éminents députés français: son vice-président Yannick Jadot (Europe Ecologie), Kader Arif (Parti Socialiste), Marielle de Sarnez (Modem), Harlem Désir (Parti Socialiste), et Frank Proust (UMP), avec comme suppléants – et membres potentiellement tout aussi actifs – José Bové, (Europe Ecologie), Jacky Hénin (Front de Gauche), Marine Le Pen (Front National, et Tolkia Saïfi (UMP).
Le nouveau Rapporteur David Martin (Parti Travailliste britannique) a salué le pas de côté de la Commission européenne, et indiqué que le premier débat en commission du commerce international aurait lieu le 29 février, suivie d’une audition d’experts et d’une conférence de presse le 1er mars.
Tout cela était prévisible: il existe pour l’Union européenne une Charte des Droits Fondamentaux, adoptée en 2000 et intégrée au Traité de Lisbonne en 2007, dont l’un des 7 chapitres contient les droits à la liberté et à la sûreté, au respect de la vie privée et familiale, à la protection des données à caractère personnel, la liberté d’expression et d’information, et la liberté des arts et des sciences. Pour l’Union européenne, c’est le Commissaire belge Karel De Gucht qui a négocié et signé au nom des Etats membres, mais sur mandat du Conseil des ministres européen.




















